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Kanaks, zors et caldoches : le melting pot néo-calédonien
L'Expédition / Trans-Pacifique / 'Nouvelle Caledonie : Kanaks, zors et caldoches : le melting-pot néo calédonien
Juin - Juillet 2010
En Nouvelle Calédonie règne un climat social assez spécial, dont le visiteur même averti ne pourra rester indifférent. La Nouvelle Calédonie n’est pas une ile du Pacifique tranquille comme les autres, où l’on pourrait naïvement imaginer tranquillité, calme et volupté… L’ile a une histoire particulière qui a profondément marqué l’ordre social et l’esprit de ses habitants, leur a forgé une identité qui leur est propre et qu’ils savent revendiquer haut la main.

Je vais essayer dans cet article de résumer l’ambiance générale néo calédonienne, à travers de brefs exemples à prendre pour certains avec un certain recul ! Amis caldoches, ne vous offensez point.

Quand nous sommes arrivés un certain 26 juin 2010, mon cousin Alex qui était venu nous chercher à l’aéroport de Tontouta nous met tout de suite dans le bain, comme pour nous prévenir qu’ici les choses sont un peu plus compliquées qu’à l’ordinaire.

- ‘Je vais vous emmener avec des copains dans la brousse en 4x4, on va aller péter du cerffe’
- ‘Du cerffe ??’
- ‘Oui ici il faut dire ‘cerffe’ avec le ‘f’, sinon nous on comprend rien. Si tu dis cerf comme ‘serre’, on te prendra direct comme un ‘zor’ (les blancs de métropole qui ne sont pas considérés comme calédoniens)’. Oui d’ailleurs faites gaffes les couz, car vous vous êtes des zors.

Et oui... en Nouvelle Calédonie, on ne retrouve pas que la différence blanc / noir des pays colonisés, mais aussi la différence blanc / blanc, ou zor / caldoche. Avec en plus quelques variations de jaune (les viets), et de rose (les ‘poken’, ou australiens).
Ce melting -pot pas si ‘melted’ que ça me fait penser à l’Afrique du Sud, où les zors seraient les colons anglais, les caldoches les afrikaners, les kanaks les noirs zoulous ou xhosas, et les viets les indiens. Sans tomber dans l’exagération de l’apartheid, on retrouve en Nouvelle Calédonie beaucoup de similarités dans le sens où les catégories ethniques ne se mélangent que très peu et aiment cultiver leurs différences.
  
  • Les kanaks, les ‘autochtones’, peuplent l’ile depuis toujours. Ils vivent encore majoritairement en tribus, et répondent à une hiérarchie et des coutumes très complexes. Ils ont été colonisés par la France, qui leur a envoyé au XIXe siècle des bagnards qui se sont ensuite installés sur l’ile. Les futurs caldoches...
  
  • Les caldoches sont donc à l’origine blancs, français. Certains se sont aussi métissés, avec des kanaks ou d’autres ethnies comme les indiens qui sont venus un temps bosser dans les champs de café. C’est par exemple le cas d’une partie de ma famille, ma tante et mes cousins-cousines qui ont du sang indien et caldoche.
Mais comment reconnaitre un vrai caldoche ? Les caldoches conduisent des gros 4x4, certains possèdent de grands domaines où ils vont notamment 'péter' du cerf, qu’ils dégustent ensuite en BBQ où qu’ils transforment en saucisson. On peut aussi reconnaitre les caldoches par leur manière de conduire (comme des fous et/ou ‘fin saouls’ après une soirée bien arrosée), leur manière de parler (accent prononcé, maintes expressions de type ‘c’est choc’ ou ‘c’est damné de mânde’), ou leur manière farouche de défendre leur identité et notamment face à l’ennemi juré : le zor
  
  • Le zor, diminutif pour ‘zoreille’, est originaire de métropole. S’il n’a pas au moins 5 générations de sa famille sur le territoire, il ne pourra être considéré comme caldoche. En gros on nait caldoche, on ne le devient pas… Comme dans les autres DOM TOM (attention la Nouvelle Calédonie est un Pays d’Outre Mer), le zor est venu profiter de l’économie du pays, des millions d’euros enfouis sur la roche calédonienne, aussi dit ‘le caillou’, riche en nickel et autres minerais. Il est diplômé, il connait et il sait tout, ce qui a le don d’irriter le caldoche qui se serait bien passé de cet envahisseur arrogant. Le zor ne fait pas trop d’effort pour s’adapter au mode de vie local, il se comporte comme à Paris, même s’il sait tout de même profiter de tous les atouts et la beauté de cette ile lointaine et tropicale.
  
  • Les touristes sont la sous-classe des êtres vivants qui osent fouler le sol de la Nouvelle Calédonie. Pires que les zor, ils sont ici inutiles, indésirés, leur argent n’intéresse pas les calédoniens qui jugent leur économie prospère et sans besoin d’aide extérieure. Les installations touristiques en Nouvelle Calédonie sont rares, et quand elles ne sont pas hors de prix ont tendance à laisser désirer.
  
  • On trouve aussi en Nouvelle Calédonie toute une classe d’autres peuples du Pacifique, comme ceux de Polynésie, Wallis et Futuna ou bien des Vanuatu.
  
Caldoches, kanak, poken et zors en soirée
Notre séjour a aussi coïncidé avec la venue du ministre F. Fillon et l’application de nouvelles lois sur le drapeau kanak. Même si les manifestations se sont soi-disant passées pacifiquement, nous, observateurs extérieurs, avons ressenti une réelle tension dans l’air. Nous avons entendu des kanaks parler avec hargne et détermination, des blancs tenir des propos racistes, des caldoches cracher sur ces policiers zors sans manière ni considération… Les événements sanglants des années 80, où le soulèvement kanak, sont encore ancrés dans les esprits de tous, et on se demande encore, comment aujourd’hui, la France et la Nouvelle Calédonie arriveront à résoudre cette situation complexe et apaiser les ardeurs de tous les calédoniens, noirs, blancs, métisses, jaunes, roses, kanaks, zors ou caldoches…

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de lire les BD ‘La brousse en folie’, de Bernard Berger. Le sujet kanak – zoreille – caldoche en est le noyau central, les planches sont très drôles et on apprend beaucoup sur la Nouvelle Calédonie !
Le centre culturel Tjibaou à Nouméa
Case kanak au bord de la route en brousse