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Mariage et Polygamie
Découverte des coutumes du Mali
L'Expédition / Afrique / Le Mali / 'Mariage et Polygamie'
C’est donc une semaine plus tard à 8h30 du matin, que nous nous présentons chez la mariée, au village voisin de Kabalabougou. Nous sommes vêtus de vêtements traditionnels du pays, les fameux boubous que nous avions marchandés la veille à Bamako. Si la tenue de Delphine est assez discrète, mon boubou en basin, bien que confortable, me parait immense et je ne peux m’empêcher de me sentir ridicule ! Je m’efforce alors de paraitre à l’aise pour ne pas empirer la situation. Au final tout se passera bien. En Afrique, le ridicule ne tue pas, et aussi, un toubabou (‘blanc’) qui s’habille en boubou est très rare, osé, et finalement fait plaisir !
Dés notre arrivée, accompagnés de notre amie Néné, on nous présente la mariée, comme chez nous toute habillée de blanc. Chaque invité doit la saluer et poser pour une photo souvenir. Le marié, quant à lui, arrive 45 minutes plus tard. Rebelote avec les photos! Autour de nous, pleins de femmes en boubou. Certaines papotent, certaines chantent des louanges. L’ambiance est prenante. En vingt minutes, on est entouré d’une quinzaine d’enfants qui nous prennent la main et s’accrochent à nos jambes. En tant que toubabous, nous fascinons toujours les enfants. Au début craintifs, ils nous apprivoisent par la suite, puis ne nous lâchent plus.
  
Le mariage d'Awa Sangare
Dés notre première semaine au Mali, nous avons eu l’honneur d’être invités à un mariage traditionnel. Néné, avec qui nous travaillons sur nos projets de microfinance, nous a encore une fois fait plaisir en nous conviant au mariage de sa nièce.

Le mariage était prévu le dimanche de notre arrivée. Première surprise: moins de 24h avant le jour J, le samedi, on nous apprend que le mariage a été repoussé d’une semaine. Pourquoi? Parce que le future couple ne s’était pas encore mis d’accord sur le choix de la polygamie. Etonnant, non? On se demande qui était pour et qui était contre… Finalement les parents de la mariée arriveront à convaincre leur fille de suivre la coutume, c’est à dire la polygamie.
Vers 10h30, direction la mairie à quelques kms plus loin. La bas, c’est le bazar. Plusieurs couples sont à marier. La mairie est pleine, et on attend dehors.


Tout à coup, un groupe d’une quinzaine de jeunes arrivent en courant, surexcités, munis de bâtons cloués dans les mains. Ils arrivent en même temps qu’une autre voiture d’où sort une jeune mariée escortée de policiers. La mariée arrive péniblement à entrer dans la mairie, pendant que les policiers écartent les enragés. On m’explique que le groupe d’excités veut s’opposer au mariage, et essaie d’enlever la mariée. Ce n’est que 45 minutes plus tard que le groupe se dissipe, apparemment grâce à un accord financier avec le marié. A voir la scène, je sens la détermination et la violence de ses jeunes, tous le regard perçant, le visage renfrogné et transpirant. Ils sont musclés, leurs veines gonflent, ils ont l’air d’être pris d’une crise de démence. Je ne peux m’empêcher de penser aux guerres civiles en Afrique, ou rebelles, milices, ou autres parties qui tuent sans penser. Ces images me restent à l’esprit et j’ai du mal à m’en débarrasser…
Bientôt, on entend de la musique résonner. Un peu plus loin, sur une petite place, des musiciens testent une sono. 20 minutes plus tard, la place se remplit d'une centaine de femmes et enfants.

Pendant les 6 prochaines heures, ce sera grosse ambiance!! Je suis content d'être accepté parmi ces femmes qui chantent, dansent et font la fête. Beaucoup plus amusant que les hommes qui préfèrent rester assis au loin sans rien faire. Le groupe est composé de 5 musiciens : 3 percussionnistes (bidon vide, callebasse dans l'eau, et jumbe à baguettes) et 2 chanteurs.

Au programme le même rituel se répète en boucle toutes les 5 minutes: les chanteurs dédient une chanson à une femme, s'approchent d'elle et lui chantent des paroles d'Allah. Les autres femmes prendront à tour de rôle le bras de la femme choisie et le lèvera en l'air. Au bout de 2 minutes, les femmes se lèvent et dansent à la queue leu leu avec en tête la femme choisie. Apres 2 autres minutes, le rythme des percussions s'accélère et tout le monde commence à s'exciter et à danser frénétiquement. Mon passage préféré !! Ces 30 dernières secondes passées, tout le monde rentre à sa place et la prochaine chanson commence.
On a du en entendre des dizaines, mais plongés dans cette nouvelle ambiance si prenante, on ne s'en ai pas lassé ! Les femmes sont magnifiques dans leurs boubous traditionnels. Les jeunes comme les moins jeunes dansent, tout le monde est content. Les enfants eux aussi s'amusent comme des foufous.

On aura aussi droit à notre tour de danse. Delphine Traore est appelée aux louanges, et je me fais aussi inviter sur la piste de danse. Delphine comme le veut la tradition glisse un billet au chanteur, et reçoit quelques pièces d'autres femmes. Pendant la période de danse frénétique, je pars dans une danse de pieds improvisée qui fait bien rire tout le monde. Deux toubabous qui dansent à la malienne, ca amuse beaucoup et tout un cercle s'est refermé autour de nous. C'était un moment inoubliable !
La cérémonie des danses sera entrecoupée par un repas chez notre amie Néné. De chez la mariée, tout le monde se sert et va manger plus loin en groupes. Au menu du riz au gras qui nous remplira bien le ventre.

A 16h, pendant que Delphine reste avec les femmes qui sont retournées danser, je vais à la mosquée pour assister au mariage religieux - sans les mariés ! Dans la mosquée, les témoins et parents des mariés font leurs louanges au jeune couple absent. Le reste, je n'ai pas trop compris. A un moment on me donne un marron, surement signe de paix ou de prospérité. Au bout de 30 minutes, c'est déjà fini. J'avoue être un peu déçu de cette première expérience dans une mosquée, je l'attendais avec tant d'impatience !

Apres la mosquée, je retourne voir Delphine, et quelques minutes plus tard, Lassine, employé d'ALAD, vient nous chercher et nous ramène à la maison.
Apres 1h30 d’attente à l’extérieur de la mairie, on rentre chez la mariée. Les mariés ne sont pas la. D’ailleurs, on ne les reverra pas de la journée!

On remarque que les hommes et les femmes se séparent. Les femmes restent dans le jardin en groupe. Les hommes, quant à eux, partent et se rassemblent en petits groupes à l’ombre des arbres.
Polygamie
Avant d‘aller au mariage, nous avions déjà entendu parler et discuté de ce drôle de sujet. Pour nous européens, dur de comprendre cette coutume encore très enracinée en Afrique. Trop loin de notre système social, et à l’encontre de la libéralisation de la femme, de ses droits et de sa prise d’indépendance. Bien sûr, moi, un peu macho, ca me fait rire, et surtout en pensant aux hommes polygames pour qui le sujet fait rire encore plus. On rencontrera plein d’hommes qui nous diront très fiers avoir plusieurs femmes. En ecoutant les femmes parler, on rigole beaucoup moins. Certaines histoires sont chocantes et nous touchent profondément.

Si la polygamie attire beaucoup d’hommes, elle est aussi question de ressources. En effet, pour être polygame, un homme doit avoir assez d’argent pour payer les mariages, nourrir ses femmes et enfants (la moyenne d’enfants par femme au Mali est de 7) et avoir assez de place dans sa maison pour loger tout le monde. Certains nous disent vouloir plus de femmes mais n’en n’ont pas les moyens…

Ceux qui ont de l’argent, eux, choisissent en général le luxe de se ‘payer’ plusieurs femmes.  Le terme est dur, mais ici, la polygamie est une réalité et une coutume tres enracinée. Le matin, sur le chemin de l’école, on voit beaucoup de foyers avec plusieurs femmes et beaucoup d’enfants. On voit parfois l’homme partir au travail, laissant derrière lui ses femmes vaquer aux taches quotidiennes et leur dizaine d’enfants dans le dos ou sous les jambes.
Vu du point de vue de la femme, c’est vrai que c’est dur. Si certaines se plient à la tradition, d’autres préféreraient que les choses changent La plupart des mariages sont arranges, et donc la femme subit souvent le choix de leur mari. Plus tard, elle vivra surement dans la crainte que leur mari, un jour, revienne à la maison avec une autre femme. Un jour, nous discutons avec un maitre d’école. Il nous vante sa situation de famille : il a 3 femmes chez lui, et elles s’entendent à merveille. Elles mangent ensemble, dorment ensembles… Bref, elles partagent tout. Surement que dans certains foyers, même si la polygamie est acceptée comme coutume, il existe des tensions. Certains hommes nous disent d’ailleurs ne pas vouloir plusieurs femmes pour éviter les querelles. Une femme, déjà, c’est beaucoup de boulot !

En discutant avec des femmes, on entend des histoires dures. Certaines femmes, unes fois mariées, sont délaissées par leur mari qui les abandonne financièrement. Elles doivent nourrir leurs enfants, se nourrir elles mêmes, et s'occuper du logis. Les hommes, qui parfois sont les seuls à travailler, gardent leur argent pour se nourrir et n'en partagent pas un sou, même avec leur(s) femme(s). A voir les foyers de 10, 20 enfants, à voir les problèmes de santé ici, on comprend ces femmes et on plaint leur détresse.
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Vous trouverez dans cet article:

- 'Le mariage d'Awa Sangare', article et photos
- 'La Polygamie', article et photos
- Vidéo montage de notre journée de mariage
'Le mariage d'Awa Sangare'

30 Novembre 2008
Video montage
Il nous arrive avec Delphine de titiller les hommes en leur posant la question fatale : ˜Et si les femmes faisaient pareil ?' Tous nous répondent amusés que ce n'est évidement pas possible. Contre nature, contre tradition. Et même contre la loi. La polyandrie, c'est sûrement pas au Mali.