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La jungle et le rio Dulce, un petit paradis
L'Expédition / Amerique Centrale / Guatemala / 'La jungle et le rio Dulce, un petit paradis'

Je dois dire qu’à l’heure actuelle nous ne regrettons rien, l’endroit est tout simplement magique. Après deux mois intenses passés à Antigua, cela fait du bien de se retrouver seuls, au milieu de la jungle, au calme. Les bruits des multitudes d’insectes et de bêtes donnent une super ambiance à nos nuits et journées, c’est franchement génial ! Pascale, nous te dédions cet article!



CHAPITRES:
  
Nous sommes au milieu de la jungle sur le Rio Dulce, Laurent est en train de lire son livre sur les mayas, tranquillement installé dans son hamac. Nous sommes arrivés hier matin à la Finca Tatin, un vrai paradis !!!

Mercredi, nous sommes arrivés à Rio Dulce après 5h00 de route depuis Antigua, cette petite ville n’est pas très sympathique et très bruyante, de gros camions passent sans arrêt, nous dormons dans l’hôtel le moins cher et je n’ose même pas dormir sur les draps tellement l’endroit est sale et peu rassurant. Ce soir là, nous hésitons à finalement partir sur le rio Dulce. Le prix de la lancha pour Livingston est cher, et nous nous demandons s’il ne serait pas mieux d'annuler. Nous pensons à Pascale, la tante de Laurent, et sa récente contribution à notre voyage. On se dit que grâce à elle on pourrait se faire plaisir et partir à la rencontre de Livingston, cette ville des caraïbes que l'on voulait vraiment découvrir.
La Finca Tatin

La finca Tatin est un vrai paradis au cœur de la jungle. Un ensemble de bungalows en bois montés sur pilotis sur le bord du Rio Tatin. Des tables en bois, des hamacs entre les arbres, un espace baignade avec des pontons en bois et une corde pour imiter Tarzan… puis un sauna, un espace où nous avons à disposition des kayacs. Nous choisissons la chambre la moins chère, au fond dans la jungle, et nous sommes super heureux d’être dans notre petite cabane en bois. Nous aimons être en pleine végétation, les bruits des insectes et animaux résonnent toute la journée et toute la nuit ! Enfin, la Finca Tatin possède cet esprit très convivial avec un énorme salon ouvert (sans portes) avec plein de hamacs, canapés et une grande table. Plus loin se trouve le restaurant avec une immense cuisine. L’ambiance est chaleureuse. Nous nous sentons tellement bien dans ce petit paradis que nous décidons d’y rester, aussi les français que nous avons rencontrés brièvement à Livingston viennent dimanche et on se dit que l’on pourrait passer un peu de temps avec eux.
En route vers Livingston !

Départ 8h00 le vendredi 4 décembre avec César notre guide et Rosco notre chien qui nous suivra jusqu'à notre retour en fin de journée.
Nous débuterons dans cette jungle intense, les arbres sont très haut, l’atmosphère est humide, le ciel gris et bas, nous commençons notre rando tout contents de pouvoir enfin découvrir cette végétation et cette ambiance toute particulière. Notre première rencontre est au bord d’un ruisseau, 3 jeunes femmes mayas lavent du maïs dans leur grande bassine en plastique. Ces jeunes femmes font partie d'un grand centre communautaire qui a été construit a cet endroit et qui acceuille plus de 500 internes de la région. Plus loin, il y à une école pour des enfants de 13 à 20 ans, qui apprennent différents métiers et sont internés tout le long de l’année. Nous sommes étonnés par la beauté des lieux, l’herbe est coupée, les maisons sont superbes, le chemin est pavé, il y a même un terrain de football et un terrain de basket. Nous continuons notre chemin dans la jungle jusqu’à une grande cave très impressionnante et aussi très connue dans la région. Apparemment de nombreuses personnes viendraient ici comme à Lourdes pour soigner leurs problèmes.

Notre balade devient de plus en plus intéressante car nous arrivons bientôt dans un village au milieu de la jungle, bien loin encore de Livingston.
Lorsque l’on arrive à l’entrée du village, ce sont des petits cochons qui nous souhaitent la bienvenue en courant partout. Après un chemin bordé de palmiers nous arrivons sur une grande étendue d’herbe coupée. Il y a une école, une église, et des maisons éparpillées au toit de palmiers séchés. Il y a comme une atmosphère de petit paradis ici, les chevaux ne sont même pas attachés, les dindons et autre petits animaux sont là en liberté… L’atmosphère est si calme, tranquille c’est incroyable. Et voila qu’un enfant sort de la maison et demande tout timidement qu’on le prenne en photo, il aime bien se regarder dans l’écran après. Sa sœur, une énorme machette dans la main, nous regarde.

Les habitants sont très timides et à notre passage les femmes nous regardent sur leur pied de porte et n’osent pas sortir. Les enfants nous demandent des photos encore et toujours, d’autres courent derrières les poules en rigolant. Ce village semble préservé des nombreux touristes qui parfois visitent les lieux. Dans les cabanes en bois, le sol est en sable ou terre, aucun meuble, on aperçoit un petit feu à l’intérieur, cette ambiance nous fait penser à l’Afrique et nous replonge dans nos souvenirs de la Zambie et du Malawi.
De loin, pendant la suite de notre balade nous apercevrons des enfants encore plus timides, presque sauvages, qui se cachent dans les grandes plantes au bord du sentier pour nous entrevoir, puis, une fois que l’on passe, ils se mettent sur le chemin et nous regardent partir, encore curieux de voir ces toutous traverser la jungle. Leur habitation est précaire, au milieu de nulle part. Puis, nous traversons aussi de nombreux champs de maïs où les hommes débroussaillent les terrains sous une chaleur écrasante. La nature est sublime et nous savourons cette belle balade.

Croiser le sourire de ces enfants qui ne parlent que maya et ne comprennent pas notre espagnol crée des sensations absolument extraordinaires et me replonge un an en arrière lorsque au cours de notre rando au Malawi nous rencontrions aussi plein d’enfants qui avaient le sourire jusqu’aux oreilles et nous demandaient des photos. Lorsque l’on approchait, ils s’en allaient en courant dans la forêt en rigolant. A part l’artisanat et le maïs, on se demande comment ces 70 familles arrivent à vivre aussi tranquillement dans leur village et habitations.
Livingston, une rencontre entre créoles et mayas

Plus nous avançons et plus le soleil tape de plus en plus fort. Après 4h30 de marche, nous arrivons à Livingston, les maisons se font de plus en plus abondantes, nous sommes bien arrivés. Nous voyons enfin la mer, c’est simplement magnifique. Mais quel choc de voir soudain des petits africains au sang chaud courir juste devant moi, au milieu de ces femmes mayas qui tranquilles vendent leur tortillas. J’ai du mal à y croire, les vielles dames créoles, les rastas, les beaux bébés tout noirs qui vivent ensembles avec les indiens, les mayas. Pour moi c'est incroyable et je suis tellement heureuse de sentir cette énergie que nous n’avions pas ressentie depuis Cuba mais surtout depuis l’Afrique.
Après avoir mangé un bon tamal aux frijoles et un bon petit poulet sur la place du port, nous commençons à explorer les alentours de Livingston prés de la mer. Le coin est superbe, les caraïbes, les palmiers ! Ces aigrettes, élégantes et impassibles qui font trempette. Et le coin des africains aussi, ils sont tous là, du côté du port ce sont les mayas et de l’autre coté vers la mer ce sont les africains.
Certaines cabanes en bois nous font penser à Cuba. Ici c’est la glande totale et le sport local est à celui qui se balancera le plus longtemps dans son hamac. Nous avons l’impression que le temps s’est arrêté tellement tout est tranquille. Les vielles dames font très créoles, nous rencontrons aussi de jeunes gazelles qui s’habillent comme à Cuba, petit short et haut moulant, loin de s’habiller comme les mayas !
Les deux civilisations, bien que vivant dans la même ville, n'ont décidément rien en commun. Ils parlent des langages différents (quechi pour les mayas et garifuna pour les blacks), s'habillent différemment et se comportent de manière opposée: les mayas restent timides et en retrait, les blacks regorgent d'énergie et adorent s'exhiber... 

Nous avons adoré notre fin de rando quand nous nous sommes baladés tranquillement dans les ruelles de Livingston et sur la plage. En fin de journée en attendant notre lancha sur le port, nous faisons la rencontre de deux marins forts sympathiques, Jean Luc et Bernard qui veulent venir à la Finca Tatin dimanche.

De Livingston à la Finca Tatin, nous partons tous les deux en amoureux sur notre lancha, le spectacle est absolument splendide. Sous un ciel aux couleurs roses orangées, nous découvrons la splendeur d’une jungle verte émeraude bien épaisse. L’eau du Rio est chaude, nous savourons ce retour en lancha qui clôt notre belle journée riche en découverte.
Exploration du rio en kayak - Loladel et les picaros

Le lendemain de notre longue balade à travers la jungle et dans Livingston, nous décidons d’explorer la région du rio Dulce par voie maritime, à l’aide de notre kayak double que nous avons loué pour toute la journée.

Après une petite heure d’adaptation technique (engueulades dues au zigzag du kayak, Delphine se prend un coup de rame, Laurent rame trop vite etc etc), nous commençons à nous enfoncer dans la jungle et devenons vite absorbés par notre environnement. Bientôt l’endroit devient magique, les canaux se resserrent, la végétation nous enrobe par tous les côtés, nous sommes perdus dans les mangroves et en plein cœur de la jungle. Milles et un bruits se mélangent, on entend des singes, des oiseaux, et d’autres sons qui nous paraissent bien étranges. Tout à coup un grand oiseau bleu devant nous s’envole, on dirait l’oiseau lyre de Prévert, quel spectacle !! On apprendra plus tard que cet oiseau était un quetzal femelle, l’oiseau national et symbole du Guatemala.
Nous ne voyons pas de Picaros autour de nous, ni d’hommes à moitié nus avec des sarbacanes, mais nous avons bel et bien l’impression de revivre une scène de Tintin et l’oreille cassée. Le décor est identique, et plongés dans cette atmosphère magique et mystique à la fois nous sommes aussi à la quête d’un trésor : une cascade perdue dans la jungle.

Avant de partir nous avions étudié une carte. Pour trouver la cascade, il fallait ramer plus de deux heures jusqu’au bout d’un bras du rio, poser le kayak et marcher dans la jungle une vingtaine de minutes en se fiant au bruit de la cascade. Comme nous a dit le gérant de la finca, il n’y a pas de gros panneau ‘Bienvenue à la cascade, suivez les flèches’. Nous ne sommes pas ici dans un Touristland, mais bel et bien au cœur d’un monde très sauvage !
Après avoir quitté les petits canaux dans la mangrove, le fleuve s’élargit et nous pagayons avec plus de facilité. Sur les rives nous croisons quelques maisons en bois, toutes habitées par des familles. Nous avons bien quitté la zone centrale du rio et les grosses fincas d’étrangers ou de riches guatémaltèques, et plus nous nous enfonçons, plus l’environnement devient sauvage.
Les quelques habitants du fleuve qui nous voient passer nous fixent du regard comme si nous étions des choses extraordinaires. On les salue, on leur sourit, et de suite ils sortent de leur état d’étonnement pour nous rendre à leur tour un grand sourire. On s’arrête une bonne vingtaine de minutes avec une femme et ses 3 enfants qui nous vend 4 tortillas pour 1 Quetzal (0.1€). Elle et son enfant de 9 ans parlent espagnol, mais les deux petites seulement Quechi (dialecte maya de la région). Ils sont timides mais ont l’air contents de notre compagnie, on voit qu’ils vivent loin de tout et qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des étrangers !
 
Leur maison est comme celles que l’on croise tout au long du fleuve : toute en bois, une toiture en feuilles de palmier, la cuisine est un petit tas de bois à l’extérieur, le linge pend sur des fils, des poules, des dindons trainent leurs pattes un peu partout. Celle-ci n’est pas montée sur pilotis car construite sur un flanc de monticule. Tout autour, le fleuve et la jungle.

La femme nous parait un peu ‘sauvage’. Elle est habillée simplement (elle avait les seins nus quand nous sommes arrivés), est craintive et a du mal à comprendre notre espagnol. Elle parait ne pas avoir plus de 35 ans, mais nous dit avoir en tout 7 enfants !
Après 3 heures passés à ramer, arrivés au bout du bras d’eau, nous partons à pied à la recherche de la cascade. On s’enfonce dans la jungle en suivant un petit sentier. 30 minutes après, toujours pas de cascade, on doit être sur le mauvais chemin ! Un homme surgit de nulle part, nous dit qu’on est loin de la cascade mais seulement à 10 minutes d’un village : Lampara. On abandonne la cascade et on décide d’aller au village.
 
Sur le chemin, on croise à deux reprises des hommes portant dans leur main une énorme machette. Sous leur chapeau de cowboy, se cache une gueule de guat’ marquée et ridée, sans expression, et ce n’est qu’au moment de notre ‘buenas tardes’ que nous savons si nous avons affaire à un gentil ou un méchant… Heureusement pour nous, nous n’avons croisé que d’humbles paysans qui nous ont répondu d’un large sourire et dévoilant ainsi leurs dents toutes pourries.
Nous arrivons à Lampara. On se croirait dans un film de James Burton. Le village, perdu dans la jungle et coupé du reste du monde, nous parait irréel. Nous ne sommes ni des géants ni des êtres fantastiques, mais les habitants nous fixent des yeux comme si nous venions de la planète Mars. Comme Travolta dans Pulp Fiction, nous n’étions aussi pas habillés pour passer inaperçus, et ce n’est pas sans gêne que je saluais les gens vêtu de mon maillot de bain orange et de mon marcel noir trempes du kayak. Pour donner un sens à notre étrange apparition, nous demandons à tous les gens s’ils n’ont rien à vendre pour manger.

Au final nous ne trouvons rien, mais repartons de ce village heureux d’avoir vu cette vie si loin de tout.
Le lendemain, nous repartons sur le rio en kayak, mais cette fois ci accompagnés de nos amis français (voir le portrait ‘nos amis les marins d’eau douce), pour une balade de 3/4 heures à travers le fleuve principal et quelques bras dans la mangrove. La journée était ensoleillée et nous avons partagé des moments très agréables !