[./home.html]
[./the_team.html]
[./profil_del.html]
[./profil_laurent.html]
[./leprojet.html]
[./photos26videos.html]
[./rencontres.html]
[./cuisinedumonde.html]
[./livres_de_voyage.html]
[./nos_actions.html]
[./promo_partenariat_prives.html]
[./promo_partenariat_entreprises.html]
[./promo_espace_media.html]
[./livre_d27or.html]
[./brazil_home.html]
[./livre_d27or.html]
[./nos_actions_bresil_projetfavela.html]
[./nos_actions_bresil_projetfavela.html]
[http://www.english.loladel.com/uk_brasil_favela.html]
[./brazil_home.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
Rio de Janeiro- Les favelas, zones de non droit
L'Expédition / Amerique du Sud / Bresil / 'Favelas, zones de non droit pas si 'chic' que ca'

Niveau sécurité, tout va bien tant que les gangs voisins sont tranquilles et que les flics restent chez eux. La peur des habitants, c’est de se prendre une balle perdue. Dans le passé, des batailles entre gangs et avec la police ont fait des ravages, et ont couté la vie à de nombreux innocents. De temps en temps, on entend des coups de feu résonner, et on ne se trompe pas, ce sont bien des coups de feu, et pas des feux d’artifice.

Comme beaucoup de grandes villes dans le monde, Rio a accumulé des zones de logements sociaux ou s’entassent les basses couches sociales. A New York ses ghettos, à New Delhi ses bidonvilles, à Cape Town ses townships et à Rio ses favelas.

On connait de la ‘ville merveilleuse’ ses plages, ses collines verdoyantes, sa statue du Christ et ses brésiliennes super sexy, mais on sait aussi que Rio est la ville des inégalités, de la pauvreté, et qu’elle est surpeuplée de ces fameuses favelas, ces zones de non droit contrôlées en intégralité par les trafiquants de drogue. Aujourd’hui à Rio, plus de 1 million de personnes vivent dans plus de 700 favelas - impossible d’ignorer ces ghettos qui font maintenant partie intégrante de la ville.

En arrivant, je pensais découvrir des favelas du même type que celles du Cap que nous avions découvertes en Afrique : excentrées aux bordures de la ville et de la côte, faites de maisons de tôle et de bois et de ruelles en terre à perte de vue. Je me suis vite détrompé. Les favelas à Rio ne se cachent pas. Elles sont éparpillées dans toute la ville et n’épargnent aucun beau quartier – les favelas sont partout.

Les habitations sont d’une architecture très simple, et on voit même d’un œil amateur qu’elles ont été construites en vitesse et avec les moyens du bord. Les maisons sont en béton ou briques, petites et toutes enchevêtrées les unes sur les autres. Séparées d’escaliers ou de mini ruelles (les favelas sont pour la plupart construites sur des collines donc en pente), on n’y accède qu’après un long parcours sportif.

Plus importantes que la violence, les conditions sanitaires des favelas sont catastrophiques. Faute d’espace, d’éducation et de service public, les poubelles trainent partout et s’accumulent dans ce milieu humide ou les bactéries prolifèrent à grande vitesse. A ce problème se rajoute celui des eaux usées, qui dans encore beaucoup de favelas ne sont rejetées qu’à quelques mètres de leur source. Et quand arrive la pluie, c’est la catastrophe. Poubelles, déchets, excréments sont emportés par les eaux ruisselantes et polluent toute la ville avant de se rejeter dans la mer, pour la polluer encore plus. Le manque total de service de santé dans les favelas empire la situation, puisque les populations n’ont pas accès aux soins et à la prévention de proximité.

Pour poster un commentaire sur cet article, cliquez ici !

L’abolition de l’esclavage à la fin du XIX eme siècle puis le déclin de l’activité agricole a créé des mouvements massifs de la population rurale vers les grandes villes, ou l’essentiel de l’activité économique se concentre. C’est de cette immigration que sont nées les favelas.

  

Si les favelas sont partout dans la ville, elles ne sont pas pour autant intégrées. Véritables ghettos, elles se démarquent des zones ‘normales’ sur presque tous les critères : pas de loi, pas de service public, dominance de noirs et métisses, infrastructures énergétiques sous développées, accès restreint (portails d’entrée, pas de rues à l’intérieur). Comme si tout s’arrêtait à leurs portes.


Les trafiquants, armés jusqu’aux dents, contrôlent tout. Une partie d’entre eux sont souvent postés à l’entrée de la favela et surveillent d’un œil allers et venues. Un matin, en entrant dans une favela pour donner un cours d’anglais, je me suis fait interpeller par un gros caïd qui m’a demandé ce que je foutais là. Il m’a laissé passer en grimaçant quand je lui ai dit que j’étais volontaire, mais m’a fait comprendre très clairement que j’étais ‘chez lui’. Dans la favela, les trafiquants ne se cachent pas, tout le monde les connait. D’ailleurs, ils n’hésitent pas à se promener leurs flingues à la ceinture, tout en discutant avec une mamie ou en jouant avec les enfants.

Au niveau local, ce sont des petites associations qui essaient d'améliorer la vie quotidienne des habitants. Centre communautaire, crèche, centre de prévention, pleins de petites structures souvent destinées aux jeunes, la future génération. Ces actions, si elles n'ont pas de poids face aux problèmes de fond, ont le mérite d'améliorer un peu la vie des gens et de montrer aux jeunes qu'au delà des trafiquants et des murs de leur favela, il y une vie, meilleure, et accessible.

Ces associations sont souvent financées par des privés ou des plus grosses ONG, mais finalement peu par le gouvernement. Pour plus de détail sur les actions locales, voir mon article sur mon projet de volontariat, dans le chapitre 'Nos Actions'.

Photo tirée d'Internet (je ne connais pas ces gars)

En conclusion, un tableau bien noir et un avenir incertain. Les actions locales et gouvernementales, avant de porter leur fruit, vont être lentes et prendront beaucoup de temps. Peut être, un jour, les inégalités se rétréciront et les favelas se dissoudront dans la ville, ou mieux, disparaitront. Mais quand ? Et à quel prix ?

Cliquez ci dessous pour en savoir plus sur mes actions de volontariat dans les favelas:
'Mon action dans les favelas'
Laurent
(et merci à Del pour ses superbes photos)

On peut lire sur le visage fatigué des adultes et des enfants que leur vie quotidienne n’est pas facile, et que trop souvent ils doivent surmonter de lourdes épreuves. On voit que l'environement dans lequel ils vivent chaque jour est dur, violent, et influe beaucoup sur leur comportement.

La plupart des enfants avec qui je travaille sont vite surexcités, sauvages, durs à contrôler et parfois ont des réactions tres violentes. En opposition totale avec les enfants du Mali en Afrique, tous très calmes...

Ce tableau que je dresse vous paraitra bien noir, mais malheureusement, il est réel et tout ce que décris je l’ai soit vu soit entendu en discutant avec les habitants.

En y travaillant, j’ai eu la chance de voir de prés la vie des gens, leurs conditions, et même si mon immersion n’était que temporelle et limitée, je me suis vite rendu compte des graves problèmes auxquels les brésiliens sont confrontés. Les habitants, pour les subir directement, et les politiques et groupes d’action, pour essayer de les solutionner.

Comme pour les banlieues en France, on voit mal comment le gouvernement réussira un jour à supprimer violence et précarité, quand pendant des décennies ces zones ont été oubliées et transformées en ghettos surpuissants pratiquement impossibles à contrôler.


Quel avenir donc pour les favelas ? Quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour retourner la situation ?

Au niveau gouvernemental, de grands programmes ont été lancés ces dernières années. Des millions de $R vont être investis dans les favelas, mais leur dessein final est sujet à beaucoup de controverses.

Le but principal est de restaurer et de dynamiser les favelas en développant la distribution énergétique et les systèmes d'assainissement, en créant des rues, des centres d'éducation et de santé, et en rénovant les blocs résidentiels. Sur le papier le programme semble ambitieux. En réalité, il parait presque impossible à mettre en œuvre. Pour certains, ce programme est un moyen pour le gouvernement de pénétrer dans les favelas, aujourd'hui complètement clôturées et sous contrôle des trafiquants. En construisant des rues, les favelas seront accessibles par voie motorisée et la police pourra faire des décentes plus efficaces. Les trafiquants perdront du territoire et se verront affaiblis. Avec les problèmes encore existants de corruption et de détournement d'argent, on doute beaucoup sur le bon déroulement de ce programme politique.

In English