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Croyances et religion- Le Candomblé
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Au regard de toutes ces églises modernes, ces ‘bâtiments de Dieu’ qui s’enchainent tout au long des rues et des quartiers du Brésil, il y a de quoi se poser des questions. ‘L’Assemblée de Dieu’, ‘Dieu est Amour’, ‘L’Eglise de l’Evangéliste Quadrangulaire’, autant de noms étonnants qui peuvent prêter à confusion quand on sait que le Brésil est le pays le plus catholique du monde !

En fin de journée on voit parfois des familles entières de brésiliens noirs se vêtir sur leur 31 pour aller prier et fêter la louange de Dieu. Mais où vont-ils ? Dans une de ces milliers d’églises construites par les colonisateurs portugais, dans une église moderne évangéliste, ou dans ces fameux ‘terreiro’, ces lieux de culte afro-brésiliens ? Ou peut être dans les trois ? Eh oui, c’est étonnant, mais ici, en fonction du jour de la semaine, les familles vont prier dans tel ou tel endroit…

La religion qui me fascine le plus est celle du ‘Candomblé’. Le Candomblé est une religion d’origine africaine, ou Yoruba plus précisément. Au Brésil, elle est née au temps de la traite des esclaves, et se pratique encore aujourd’hui dans tout le pays.
Les esclaves étaient dans leur captivité privés de toute identité culturelle.  Mélangés à des esclaves de tribus différentes, ils ne pouvaient pas parler leur langue natale ni perpétuer leur croyances et traditions. Les colonisateurs les forçaient à parler portugais, construire des églises catholiques et d’y aller prier. Si certains se sont laissés convertir, la plupart ont gardé leurs croyances animistes et fétichistes, profondément ancrées chez beaucoup d’africains. Sur ce sujet, j’ai trouvé passionnant tous les aspects de cette culture fétichiste, décris très précisément dans le livre Ségou de Maryse Condé qui relate sous forme romancée une partie de l’histoire du Mali. Les africains de l’ancien Soudan français, avant d’être islamisés, étaient polythéistes et vivaient constamment en relation avec leurs dieux et leurs ancêtres. Sous forme d’offrandes, de rituels, de rêves et de transes, ils communiquaient avec eux et leur demandaient toujours conseil avant d’agir.

Le Candomblé a été un moyen pour les esclaves africains de se rassembler et de perpétuer leurs croyances en des dieux puissants et omniprésents. La religion est basée sur les orixás, qui comme les dieux grecs, ont des personnalités et des histoires différentes. Chaque personne est caractérisée par un seul dieu, qui va constamment la surveiller et l’influencer dans sa vie quotidienne. Les pratiquants de Candomblé, pour plaire à leur orixá, procèdent régulièrement à des offrandes en tout genre : parfums et fleurs pour la déesse Yemanjá, miel et colliers pour le dieu Oxúm, ou même des cigarettes et de l’alcool de cachaça pour le dieu Exú. Pendant les processions, les pratiquants s’habillent dans les couleurs de leur orixá, et s'ornent souvent d'accessoires tels colliers, bracelets etc. Sous le rythme des tambours et les chants du maitre de cérémonie, les pai ou mãe de santo, certains rentrent en transe, leur corps et esprit possédés par leur orixá.
  
L’interdiction aux esclaves de pratiquer leur religion les a menés à un phénomène intéressant : le syncrétisme des religions catholiques et africaines. Les esclaves, pour éviter d’être persécutés, ont pris l’habitude de donner des noms catholiques à leurs dieux orixás et de les identifier à travers des détails de ressemblance. Par exemple, la Vierge Marie et Yemanjá se confondent, tout comme Oxúm et Saint George. Il était donc fréquent de voir des africains aller à la messe et prier des saints catholiques, tout en pensant à leur orixa.


A l’heure où j’écris cet article, je n’ai pas encore eu la ‘chance’ d’aller assister à une cérémonie traditionnelle de Candomblé. Apres avoir effectué une tentative en vain à Salvador (attrape touriste), nous essaierons de nouveau à Rio. Au mois de février, nous avons par contre assisté à une des fêtes du Candomblé les plus importantes de l’année: la fête du Yemanjá. Au milieu de dizaines de milliers de personnes, nous avons assisté à des processions d’offrandes de fleurs dans la mer, et à plusieurs défilés faits en hommage à la déesse et reine de la mer, Yemanjá.
Comme évoqué au début de cet article, le Candomblé est une religion parmi d’autres, que les Brésiliens pratiquent à tour de rôle. Il semble que la religion catholique soit en déclin et limitée aux célébrations de base, comme le mariage, le baptême ou l’enterrement.  Le christianisme évangéliste par contre est en plein boom. Pour moi ces églises, qui rassemblent les plus démunis, sont comme des sectes. Cependant ces églises modernes ne manquent pas et dans chaque ville que nous traversons nous voyons toujours plein de ces ‘Assemblée de Dieu’.
Laurent